Le travail indépendant n’a plus la cote en France, selon une étude ADP

Le travail indépendant n’a plus la cote en France : seul 1 salarié sur 10 envisage fortement de devenir freelance

  • En chute de 17 points, le pourcentage de salariés français qui envisageraient de devenir freelance ou autoentrepreneur est passé de 60% à 43% en 1 an.
  • Plus de la moitié des salariés (53 %) ne s’intéresse plus à ce mode de travail, contre seulement 38 % en 2018.
  • Sans surprise, ce sont les 16-24 ans qui sont les plus intéressés par le travail en freelance (61%).
  • 1 Français sur 4 a l’intention de rester chez son employeur actuel jusqu’à la fin de sa carrière.

Selon une nouvelle étude d’ADP (Automatic Data Processing), le pionnier et le leader mondial des solutions de gestion du capital humain, l’engouement pour le travail en freelance ou en autoentrepreneur s’estompe dans toute l’Europe, se traduisant, depuis 2017, par une baisse de 11 points du pourcentage d’actifs (26% contre 15% en 2019) qui envisagent fortement ce mode de vie indépendant. En France, le chiffre atteint seulement 11 % cette année contre 18% en 2018. En outre, un plus grand nombre de travailleurs français déclarent n’être pas du tout intéressés pour devenir indépendants : plus de la moitié (53 %), contre 38% en 2018.

Cette étude d’ADP, The Workforce View in Europe 2019, a interrogé plus de 10 500 salariés à travers l’Europe, dont 1 410 français. Dans les éditions précédentes, le travail en freelance ou à son compte était de plus en plus populaire, poussé par le désir de plus de flexibilité, le tout favorisé par les nouvelles technologies qui rendaient les opérations à distance beaucoup plus simples que par le passé. Toutefois, les résultats de cette année indiquent que le vent tourne et que les actifs ont tendance à se replier sur la sécurité qu’offrent les contrats permanents.

Le travail indépendant reste plus populaire dans certains pays que dans d’autres : plus des deux tiers des travailleurs italiens (68%) manifestent un intérêt pour le travail en freelance ou exercent déjà à leur compte. Ce pays est suivi de près par les Britanniques et les Polonais (62 %). En revanche, seuls 44% des Allemands et 41% des salariés néerlandais partagent cet intérêt pour le travail indépendant. En France, ils sont 47%.

Côté générations, ce sont sans surprise les 16-24 ans qui sont les plus intéressés par le travail en freelance ou l’auto-entrepreneuriat (61%). Leurs ainés de plus de 45 ans étant deux fois moins nombreux. Par ailleurs, il n’est pas non plus surprenant de noter que ce sont les professionnels des arts, de la culture et de l’informatique qui sont les plus intéressés pour travailler à leur compte (6 salariés sur 10).

L’étude met également en évidence une légère augmentation des « emplois à vie » : un peu plus d’un quart (27 %) des Français prévoyant de rester dans leur organisation jusqu’à la fin de leur carrière, une augmentation de 7 points par rapport à l’année passée. En moyenne, les salariés estiment qu’ils resteront chez leur employeur pendant cinq ans.

« Le travail en freelance peut offrir à certains professionnels un mode de vie très attractif mais, comme tout choix de carrière, il ne convient pas à tout le monde. Au cours des dernières années, un grand nombre de salariés ont opté pour l’autoentreprenariat, attirés par la liberté, la flexibilité et la maîtrise de leur avenir professionnel et, comme le montre notre étude, certains sembleraient en revenir. » commente Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse.

« Il semble que nous ayons atteint le « pic de l’indépendance », du moins pour le moment et les salariés semblent privilégier les avantages inhérents à un poste sûr et permanent. En même temps, beaucoup d’entre eux s’interrogent sur ce pour quoi ils travaillent réellement et cherchent à atteindre un meilleur équilibre entre travail et vie personnelle, ce à quoi les entreprises réagissent de plus en plus par la mise en place de nouvelles mesures. Beaucoup d’entre elles étudient des modes de travail flexibles pour proposer une meilleure façon de travailler qui permette à leurs collaborateurs de profiter d’une expérience plus personnalisée. » conclut Carlos Fontelas de Carvalho.

Laisser un commentaire

[ad code=4 align=center]