Un tiers des Français estime qu’ils devraient être payés davantage en fonction de leurs compétences

  • 95 % des salariés français pensent avoir les compétences pour réussir leur carrière
  • 57 % des hommes se disent même très confiants quant à leurs aptitudes pour réussir, contre 49 % des femmes
  • 38 % des salariés français estiment que leurs compétences sont insuffisamment valorisées et qu’ils devraient être payés davantage
  • En Europe, seul un collaborateur sur six (16 %) déclare que le poste qu’il occupe n’existait pas il y a cinq ans

Dans le contexte de transformation numérique des entreprises, accentué par la crise sanitaire, les rôles et les besoins en compétences changent rapidement, les environnements de travail subissent des bouleversements radicaux et des secteurs d’activité entiers sont confrontés à de nouvelles pressions sans précédent. La dernière étude Workforce View, menée par le ADP Research Institute et qui a interrogé plus de 32 400 collaborateurs dans le monde, dont 1 916 Français, montre ainsi que l’évolution des compétences sera un défi primordial pour les entreprises mais aussi pour leurs salariés afin de maintenir leur compétitivité et leur employabilité.

L’évolution rapide des compétences
Les besoins en compétences évoluent à mesure que différents secteurs d’activité adoptent de nouvelles technologies et automatisent progressivement leurs opérations. Cette numérisation des fonctions et des processus implique des évolutions permanentes des compétences. Un salarié sur trois dans le monde (33 %) déclare ainsi que son emploi actuel n’existait pas il y a cinq ans, et qu’il n’existera plus dans cinq ans (31 %), preuve de la nécessité et de l’intérêt pour les entreprises d’accélérer sur la formation continue de leurs collaborateurs.

Les salariés français ont conscience de l’évolution rapide des compétences au sein des organisations : 45 % pensent avoir plus d’opportunités de travail actuellement qu’il y a cinq ans. Cette conviction est particulièrement présente chez les jeunes de 18-24 ans (57 %) et chez ceux de 25-34 ans (55 %), probablement parce que ce sont les premiers à profiter aujourd’hui de l’accélération de l’évolution des compétences, les jeunes talents étant de plus en plus recherchés par les entreprises pour leurs connaissances des outils digitaux. L’évolution des compétences est plus forte dans les secteurs des médias, de l’informatique et des télécommunications où 61 % des interrogés déclarent avoir plus d’opportunités aujourd’hui, ainsi que dans celui de la finance (56 %), par opposition au secteur de l’éducation et de la santé (36 %).

Dans le panel interrogé après le début de la pandémie, 63 % des Européens étaient optimistes sur l’avenir du travail à 6 mois ; et 77 % sur les 3 prochaines années !

L’Europe en retard sur les compétences

L’Europe est le mauvais élève en matière d’évolution des compétences au niveau mondial. Dans la région Asie-Pacifique : deux répondants sur cinq (40 %) déclarent que leur emploi n’existait pas il y a cinq ans et plus d’un tiers (38 %) pensent qu’il aura disparu dans cinq ans. La grande disparité avec l’Europe et l’Amérique du Nord suggère que les régions occidentales pourraient prendre du retard en termes de compétences requises pour l’innovation. Ainsi, seul un salarié européen sur six (16 %) déclare que le poste qu’il occupe n’existait pas il y a cinq ans et 14 % pensent que leur poste n’existera plus dans cinq ans.
Une grande confiance des salariés en leurs compétences

Malgré le défi que représente l’évolution rapide des technologies et la nécessaire adaptation des compétences aux nouveaux modes de travail qui en découlent, 95 % des salariés français sont confiants et estiment avoir les aptitudes nécessaires pour réussir dans leur carrière ; 57 % des hommes sont très confiants contre 49 % des femmes. Une tendance qui se confirme à l’échelle européenne avec neuf répondants européens sur dix (92 %) estimant posséder les compétences nécessaires pour réussir dans leur carrière. Si les collaborateurs expriment une confiance assurée en leurs propres capacités, ils ne sont que 43 % en Europe à penser être rémunérés à leur juste valeur en fonction de leurs compétences et expérience. En France, 38 % des salariés affirment qu’ils devraient être payés davantage pour leur travail.

« Les salariés ont un niveau de confiance élevé dans leurs propres compétences et attendent résolument des possibilités de progression dans leur carrière. C’est une excellente nouvelle pour les entreprises qui ont majoritairement des collaborateurs ambitieux, compétents, mais qui ne se reposent pas sur leurs acquis et veulent continuer à se former et développer de nouveaux savoir-faire. » analyse Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse.

« De plus, la crise a apporté de nombreux bouleversements par rapport à nos modes de travail, nos façons de collaborer et d’envisager une organisation du travail flexible : ainsi, beaucoup de salariés se sont confrontés à de nouvelles compétences relationnelles, notamment les managers. Il est apparu qu’un socle de compétences basé sur les « soft skills » était plus que jamais indispensable pour manager à distance, donner du sens, insuffler une dynamique et maintenir l’engagement et la productivité dans un contexte inédit ! Les employeurs doivent valoriser ces compétences pour garder leurs talents et en attirer de nouveaux. C’est en temps de crise que de nombreux talents se révèlent, que les organisations doivent innover, chercher à sortir de leur cadre habituel et investir massivement dans leurs talents pour leur donner l’occasion de briller, d’innover. La croissance future dans un monde qui change est à ce prix. » conclut Carlos Fontelas de Carvalho.
A propos de l’étude
L’étude Workforce View explore le comportement des salariés envers le monde du travail actuel ainsi que leurs attentes et leurs espoirs concernant l’environnement professionnel futur. Notre centre de recherches, ADP Research Institute, a interrogé 32 442 salariés dans le monde entier (17 pays). Les résultats internationaux sont pondérés pour représenter la taille de la population active dans chaque pays.

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