Le dialogue social va mal !

Crise de l’emploi mais également de la confiance des salariés français envers leur entreprise et leurs dirigeants. Les questions sociales sont au cœur des élections présidentielles. Quelles nouvelles propositions ?

On n’a pas attendu la journée-débat du Congrès HR’ le 15 février dernier pour savoir que le dialogue social en France ne se portait pas bien. La différence cette fois-ci c’est que DRH, syndicats et hommes politiques étaient réunis pour ce constat. La période électorale est le moment opportun pour tirer les sonnettes d’alarme. Une étude de TNS Sofres a dévoilé quelques chiffres : la perception du changement représente un risque pour 45% des Français, contre 38% en 2007, leur adhésion à la stratégie de l’entreprise se dégrade (31% en 2012, contre 20% en 2007), peu d’entre eux restent attachés à leur entreprise (32% contre 41% en 2007), 30 % des salariés veulent chercher un autre emploi, et 10% seraient prêts à dénigrer leur employeur sur le web ! Mais les débats ce 15 février 2012 ont tourné en rond. Nos représentants syndicaux sont encore plein de conviction sur le rôle bouclier du syndicalisme en France même s’il n’est pas assez fort. Cependant ils ont conscience que « les formes d’action collective en ont pris un coup », et que « les citoyens vont se tourner vers le secteur associatif ». « Les organisations syndicales sont devenues des machines électorales », reconnaît Stéphane Lardy, secrétaire confédéral en charge du secteur emploi, chômage, formation chez FO.

Le contrat génération

et les accords « compétitivité-emploi »

Du côté politique, de droite comme de gauche, des nouveaux contrats sont proposés. À droite, on veut préserver le triptyque croissance-compétitivité-emploi par des accords « compétitivité-emploi ». L’employeur aurait ainsi plus de flexibilité en termes de temps de travail et de rémunération, en contrepartie d’engagements sur le maintien de l’emploi. À gauche, les « contrats de génération » visent à instaurer des exonérations de charges pour l’embauche d’un jeune en CDI, en échange du maintien dans l’emploi d’un salarié plus âgé jusqu’à son départ à la retraite, et chargé d’accompagner le jeune recruté. Xavier Bertrand (UMP) et Alain Vidalies (PS) étaient présents pour se livrer bataille pour leur derniers-nés.

Proche des réalités du terrain, le débat entre professionnels RH et experts a montré que l’explosion sociale n’est pas loin (lire l’article publié sur le site emploi de Ouest France au lien suivant : http://www.ouestfrance-emploi.com/recruteur-rh/info/Alerte-sur-le-social-la-soupape-va-exploser). Autour de la table, Nicolas Flamant, directeur des ressources humaines et du développement durable de SPIE Batignolles, Stéphane Roussel, directeur des ressources humaines groupe de Vivendi et Daniel Cholley, conseiller social d’un grand groupe et expert en management et dialogue social.

Christel Lambolez

 

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