Au travail, les 18-24 ans trinquent le plus à cause de la crise

  • Quatre travailleurs français sur cinq âgés de 18 à 24 ans (78 %) déclarent que leur vie professionnelle a été affectée, entraînant un changement de vie chez 36 % d’entre eux
  • Près d’un salarié sur quatre (23 %) dans cette tranche d’âge assure la pérennité de son emploi en pratiquant des horaires de travail plus longs
  • En moyenne, les 18-24 ans effectuent 8,28 heures supplémentaires hebdomadaires non rémunérées
    42 % affirment avoir perdu leur emploi, avoir été confrontés à l’activité partielle ou avoir subi une cessation temporaire d’activité de la part de leur employeur pendant la crise
  • Toutefois, 80% des membres de la Génération Z restent optimistes quant à leurs 5 prochaines années professionnelles, et ce pour les raisons suivantes :
    – S’ils devaient perdre leur emploi aujourd’hui, ils sont trois quarts (77 %) à être convaincus d’en trouver un autre offrant des avantages similaires
    – Ils estiment être dotés des bonnes compétences pour réussir (84 % )

La cohorte la plus jeune de la population active – les 18-24 ans (également connue sous le nom de Génération Z) – a été professionnellement la plus touchée par l’impact économique de la pandémie de COVID-19, révèle une nouvelle enquête « People at Work 2021 : l’étude Workforce View » réalisée par ADP, pionnier et leader mondial des solutions de Ressources Humaines. L’enquête menée auprès de plus de 32 000 salariés dans 17 pays, dont 1 920 en France, révèle que près de quatre jeunes français sur cinq âgés de 18 à 24 ans (78 %) ont vu leur vie professionnelle affectée, contre 60 % chez les travailleurs plus expérimentés.

Depuis le début de la crise, plus de deux jeunes sur cinq (42 %) déclarent avoir été licenciés, confrontés à l’activité partielle ou avoir subi une cessation temporaire d’activité de la part de leur employeur, contre 31 % pour les autres groupes d’âge.

La Génération Z est la plus touchée sur le plan professionnel

L’étude révèle aussi que l’impact professionnel de la pandémie a eu de fortes répercussions sur la vie personnelle des jeunes en termes de mode de vie. La Génération Z (36 %) et les jeunes milléniaux de 25 à 34 ans (32 %) sont ceux qui sont les plus susceptibles d’avoir changé leur mode de vie à la suite du COVID-19, contre seulement 24 % des plus de 45 ans. Les 18-24 ans sont en plus 39 % à prévoir prochainement une évolution dans leur mode de vie, alors que 25 % des plus de 45 ans l’envisagent.
Des jeunes pourtant optimistes qui mettent tout en œuvre pour assurer leur avenir professionnel

Les difficultés rencontrées ne semblent pas atteindre l’optimisme de la Génération Z quant à la perspective d’évolution de leur carrière au cours des cinq prochaines années. En effet, leur confiance en l’avenir est restée quasiment stable depuis le début de la pandémie, passant de 82 % il y a un an à 80 % aujourd’hui. Un sentiment qui peut s’expliquer en partie pour les 2 raisons suivantes : s’ils devaient perdre leur emploi aujourd’hui, plus des trois quarts (77 %) sont convaincus qu’ils pourraient en trouver un autre offrant un niveau de salaire, de flexibilité et de satisfaction professionnelle identique voire même supérieur à celui de leur poste actuel ; et aussi parce qu’ils sont 8 d’entre eux sur 10 (84 %) à estimer être dotés des bonnes compétences pour réussir dans leur carrière.

« Avec la pandémie du COVID-19, la Génération Z s’est retrouvée confrontée à de nombreux bouleversements au travail et ce, au tout début de leur carrière. Pour beaucoup, les effets économiques de la crise ont été vécus comme leur première grande épreuve professionnelle à surmonter » déclare Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse. « Il est toutefois encourageant de constater que, malgré tout, les jeunes travailleurs se montrent résilients et d’un grand optimisme en faisant preuve d’adaptabilité et en recherchant des opportunités pour se construire de solides bases professionnelles ».

Par exemple parmi tous les groupes d’âge, la Génération Z est celle qui a dû faire preuve de la plus grande agilité professionnelle face au COVID-19. Près d’un jeune sur trois (31 % contre 17 % pour l’ensemble des travailleurs) a changé de poste ou a endossé de nouvelles responsabilités, car son employeur a été contraint d’adapter les modes de travail, de recourir à de nouvelles compétences, voire même dans certains cas, de restructurer ses activités.

En outre, près d’un jeune salarié sur quatre (23 %) s’efforce activement d’assurer la pérennité de son emploi en effectuant des horaires de travail plus longs pendant la semaine, contre seulement un employé sur six (17 %) chez les plus de 25 ans. Les 18-24 ans vont même jusqu’à accepter des tâches ou une charge de travail supplémentaires (21 %). D’ailleurs, les trois quarts de cette population pratiquent des heures supplémentaires sans aucune contrepartie financière. Ils sont six d’entre eux sur dix (61 %) à indiquer travailler gratuitement plus de 6 heures par semaine. En moyenne, les 18-24 ans accomplissent 8,28 heures supplémentaires hebdomadaires non rémunérées, chiffre le plus élevé parmi les différentes tranches d’âge interrogées dans l’étude. Et c’est près de 2 heures de plus si l’on compare aux résultats de l’année précédente !

Les jeunes redoublent également d’efforts pour se constituer un réseau et développer leurs contacts au sein de leur entreprise (24 %).

Selon Carlos Fontelas de Carvalho, « les collaborateurs déterminent souvent la sécurité de leur poste en fonction de la portée de leur réseau professionnel et de leur capacité à exploiter leurs relations pour trouver un emploi qui sera susceptible de faciliter leur progression de carrière. C’est exactement ce que nous observons chez la Génération Z qui cherche de nouvelles façons de gravir les échelons. »

À propos de l’étude
Le rapport « People at Work 2021 : A Global Workforce View » étudie les comportements des salariés face au monde du travail actuel, ainsi que leurs attentes et espoirs vis-à-vis de leur futur environnement de travail. ADP Research Institute a interrogé 32 471 actifs dans 17 pays, dont 1920 en France, entre le 17 novembre et le 11 décembre 2020.

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