S’adapter et Innover pour ne pas « mourir »

Le 9 avril dernier, l’éditeur ADP réunissait un parterre d’experts autour du changement. Le monde suit sa marche normale et l’innovation permet de surmonter les crises.

Pour s’adapter à l’environnement il faut savoir se remettre en cause et faire preuve de résilience. Pour s’adapter, l’individu doit puiser ses forces au plus profond de lui-même pour y trouver sa créativité. L’innovation se déroule en trois temps : l’inspiration, le dialogue et le lien social. Invité à la conférence de l’éditeur ADP « S’adapter et Innover » le mardi 9 avril 2013, le paléoanthropologue Pascal Picq, expert au sein de l’APM (Association du progrès du Management), a expliqué de quelle façon nous co-évoluons ensemble. Faisant partie de l’évolution même, les crises devraient être vécues plus sereinement selon lui. Le monde suit sa marche normale. Les succès conduisent à des crises… qui conduisent à des succès à condition d’innover ! Alors c’est le moment de se remettre en question : trouver de nouvelles façons de faire, de nouveaux modèles, de nouvelles façons de penser, de résoudre des problèmes, etc. Trouver, oser, bâtir, je dirais.

« Seule l’innovation nous sauvera »

« Nous sommes arrivés au bout d’un système », insiste le paléoanthropologue qui renchérit : « S’adapter est un acte de création » ! Il reprend la parabole de la girafe pour expliquer l’écueil de choisir l’accumulation pour éviter d’abandonner les acquis. L’innovation active ou le transformisme de Lamarck nous pousse à agir. « Toute différence est une potentialité pour l’innovation » avait compris Darwin. Il faut donc miser sur les différences et ne plus hiérarchiser. Le processus est simple : variation – sélection – développement. « Nous sommes tous des conservateurs et nos cerveaux n’aiment pas être bousculés, explique Pascal Picq, Quand une entreprise grandit, elle perd la transversalité et l’innovation darwinienne. Or les hiérarchies moins verticales amènent à jouer sur les compétences. »

Repenser ses métiers

La Poste a dû se métamorphoser. Nathalie Andrieux, présidente de Médiapost communication, est intervenue pour expliquer comment le numérique avait impacté les métiers de La Poste. Aujourd’hui par exemple, 80% du volume des colis sont issus du e-commerce. Elle affirme : « Les start-ups ne sont pas les seules à innover, les grandes entreprises savent également entreprendre. La Poste a été lucide et a créé une direction du numérique en septembre 2012. Nous sommes en train de nous transformer et non de nous cannibaliser. Nous avons dû nous remettre en cause et opérer une transformation de l’intérieur en respectant notre ADN bâti autour de la confiance et de la proximité. »

Dominique Rodier, directeur du département R&D chez ADP, souligne que le rythme des changements s’accélère : selon le recensement Fortune 500, entre 1955 et 2011, 90% des entreprises ont disparu du classement. La durée de vie d’une entreprise aux Etats-Unis était de 75 ans il y a 50 ans, contre 15 ans aujourd’hui ! Le nombre d’informations traitées double chaque année et les nouvelles technologies comme le cloud, les réseaux sociaux et les mobiles participent à cette accélération. A l’heure actuelle, 50% des recherches effectuées proviennent d’un téléphone portable. Au centre de tous les services, l’offre mobile est considérée comme l’avenir. Les collaborateurs peuvent consulter ainsi leurs droits où qu’ils se trouvent et même produire leurs bulletins de paie à partir de leur iPhone. Le laboratoire de recherche de l’éditeur regroupe une vingtaine de personnes aux Etats-Unis qui travaillent à l’heure actuelle sur le cloud personnel, le big data et les tablettes. Un monde qui bouge, en monde en mobilité, un monde dont la marche continuera envers et contre tout.

Christel Lambolez

 

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