RPS

Stress au travail et pathologies

Et si le stress au travail générait des pathologies ? Rien n’est prouvé à l’heure actuelle mais quelques études commencent à voir le jour pour pointer du doigt les symptômes développés suite à des charges de travail excessives, un mal-être dans l’entreprise ou encore des contraintes liées au manque de temps. Les risques psychosociaux sont responsables de près du tiers des arrêts de travail pris au cours de deux mois consécutifs et de 12,2 % des hospitalisations de collaborateurs au cours de l’année.

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Les Français ne sont plus heureux au travail !

Une motivation qui diminue pour 40 % des salariés du privé et des agents de la fonction publique. Manque de reconnaissance, rémunération faible, relations sociales détériorées, charge de travail importante représentent les principaux mécontentements. Un terrain fertile à la montée des risques psychosociaux.

La sonnette d’alarme est tirée depuis longtemps. La lassitude a débuté avant la crise. L’année 2010 était un test. L’après crise souligne la rupture. Le baromètre Edenred Ipsos, présenté lors de la 21e édition du congrès HR, sur la motivation et le bien-être des salariés français en 2011, montre une démotivation généralisée. Collaborateurs et managers sont las. 4 000 salariés ont été interrogés du 21 janvier au 11 février 2001.

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RPS : l’affaire France Telecom a bouleversé les DRH

Un entretien avec Jean-Christophe Sciberras, vice-président de l’ANDRH et DRH France et directeur des relations sociales de Rhodia. Propos recueillis lors de l’événement Psycho 2010, organisé par le Cabinet Psya.

Les risques psychosociaux sont davantage pris en considération dans l’entreprise depuis l’affaire France Telecom. Comment les DRH réagissent-ils ?

L’affaire France Telecom a été l’occasion d’une grande médiatisation qui a suscité beaucoup d’émotion. Les médias et les pouvoirs publics ont été très intrusifs dans la vie de cette entreprise. Beaucoup de mes confrères sont restés distanciés, ne se sentant pas concernés par ce cas. Ceci dit, cette affaire a marqué un tournant dans la prise en considération des risques psychosociaux. Il y a une dizaine d’années, lorsqu’un suicide survenait au sein de l’entreprise, il n’était pas considéré comme résultant d’un risque psychosocial. Compte tenu de l’écho médiatique et de l’implication des pouvoirs publics, les DRH appréhendent le sujet et se sont progressivement professionnalisés. Il s’agit cependant d’une vigilance de chaque instant.

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Un entretien avec Marianne Richard-Molard, Directrice du travail, Cellule risques psychosociaux

Que font les entreprises pour lutter contre les RPS ? Comment conclure un bon accord ? propos recueillis lors de l’événement Psycho 2010, organisé par le Cabinet Psya.

Pouvez-vous nous rappeler l’évolution de la prise en compte des risques psychosociaux par l’entreprise ?

J’ai quitté l’inspection du travail en 2001, au moment de la publication du décret mettant en place l’obligation de transcription de l’évaluation des risques professionnels sur le document unique. C’est en 2002 avec la loi de modernisation sociale du 17 janvier que les entreprises ont dû prendre en compte l’obligation d’évaluation des risques d’atteinte à la santé mentale ; la même loi introduisait également une définition du harcèlement moral d’où sans doute une confusion entre des situations liées au stress et celles relevant strictement du harcèlement moral, très minoritaires. Jusque là la souffrance collective était un concept informel ; on parlait plutôt de conflits interpersonnels, de conflits latents, ou encore de conflits de dignité. Actuellement on est encore dans une phase d’appropriation de la définition et de la compréhension de ce que recouvre la notion de risques psychosociaux qui englobe le stress. Mais l’évolution actuelle est aussi le résultat de la jurisprudence. La chambre sociale de la cour de cassation contribue à donner toute la mesure de ce qu’implique le principe posé en 2002 par les arrêts « amiante » de l’obligation de résultat qui s’impose à l’employeur en matière de protection de la santé et de la sécurité physique et mentale. Elle porte dorénavant son contrôle sur l’existence d’actions de prévention pour qualifier la faute inexcusable qui engage la responsabilité civile de l’employeur. Dans certaines circonstances un suicide peut être de ce fait qualifié d’accident du travail.

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