le climat social

Entreprises déboussolées, en quête de sens

Redonner du sens au travail est devenue la solution magique pour « engager » à nouveau les collaborateurs. Les entreprises s’évertuent à chercher tout azimut comment faire.

Les entreprises françaises vont-elles retrouver leur sens ? Dans ce monde globalisé en perte de repères, flotte un sentiment d’égarement. Si les entreprises savent où elles vont, le manque de transparence sur leur stratégie à long terme a quelque peu désabusé des collaborateurs de plus en plus désengagés (même si toutes les études montrent que la plupart des salariés français aiment encore leur travail). «Les entreprises ont perdu le contrôle d’elles-mêmes», dixit le sociologue François Dupuy dans son ouvrage Lost in management, La vie quotidienne des entreprises du XXIe siècle, lauréat 2011 du Stylo d’or décerné par l’Association nationale des DRH. Rappelons que le mot «sens», du latin sensus, signifie la capacité de connaître, de juger. Plus que jamais les salariés ressentent le besoin de comprendre les entreprises pour lesquelles ils travaillent, et de ne plus subir leur vision court-termiste. Pour pallier ces carences, les organisations ont cru bon de peaufiner une communication parfaite sur la culture d’entreprise. Trois ou quatre valeurs sont ainsi dégagées pour la définir. Le souci est que les mêmes termes sont employés partout : transparence, responsabilité, équité, respect, etc. Cette communication, censée mettre en valeur l’ADN de l’entreprise, ne suffit pas à susciter l’engagement des troupes. En effet, derrière les mots la réalité est bien souvent tout autre, et les meilleurs communications n’ont pas eu raison des envolées lyriques déstabilisatrices répandues sur le net. Infidèles, les salariés ne se gênent plus aujourd’hui pour critiquer ouvertement les défaillances des structures sur les forums et les réseaux sociaux. Les discours abstraits et convenus des dirigeants n’ont pas supporté le choc de la prolifération d’informations contrastées de la part de collaborateurs en mal de reconnaissance. Les propos marketés n’ont fait que multiplier les frustrations. Mince alors !

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Observatoire national des métiers de la fonction ressources humaines : focus sur les relations sociales dans l’entreprise

L’Observatoire national des métiers de la fonction ressources humaines, initié par le réseau Référence RH dès 2008, a approfondi l’an dernier les missions relatives aux relations sociales au sein de l’entreprise. Constat : le thème concerne plusieurs fonctions RH et devient omniprésent dans l’entreprise.

Frédéric Durieux, chef de projet Formation chez Leroy Merlin a suivi le master MRH à l’Université de sciences et de technologie de Lille 1. Avec deux autres professionnels, Caroline Caplane et Fabien Zamoro, il a travaillé sur les relations sociales en entreprise, de façon à alimenter l’Observatoire national des métiers de la fonction ressources humaines, lancé par le réseau Référence RH en 2008 et établi en étroite collaboration avec l’APEC.

Les informations récoltées pendant huit mois ont permis d’adapter les programmes en fonction des nouvelles évolutions des missions relatives aux relations sociales – le but étant de renforcer leur apprentissage au sein des formations RH. Une cinquantaine de professionnels, issus d’entreprises de type d’actionnariat et de secteurs d’activité très variés, ont répondu au questionnaire préparé par le réseau. Les entreprises interrogées étaient soumises à un accord ou une convention de branche dans 75% des cas, un accord d’entreprise ou d’établissement à 73%, et un accord professionnel pour 40% d’entre elles. Elles étaient 40% à n’avoir pas signé d’accord GPEC et 55% à ne pas posséder de plan handicap. Le stress, le travail le dimanche, l’aménagement du temps de travail, la parité homme-femme et l’intéressement avaient fait l’objet de différents accords pour 10% des entreprises interrogées.

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