RPS : l’affaire France Telecom a bouleversé les DRH

Un entretien avec Jean-Christophe Sciberras, vice-président de l’ANDRH et DRH France et directeur des relations sociales de Rhodia. Propos recueillis lors de l’événement Psycho 2010, organisé par le Cabinet Psya.

Les risques psychosociaux sont davantage pris en considération dans l’entreprise depuis l’affaire France Telecom. Comment les DRH réagissent-ils ?

L’affaire France Telecom a été l’occasion d’une grande médiatisation qui a suscité beaucoup d’émotion. Les médias et les pouvoirs publics ont été très intrusifs dans la vie de cette entreprise. Beaucoup de mes confrères sont restés distanciés, ne se sentant pas concernés par ce cas. Ceci dit, cette affaire a marqué un tournant dans la prise en considération des risques psychosociaux. Il y a une dizaine d’années, lorsqu’un suicide survenait au sein de l’entreprise, il n’était pas considéré comme résultant d’un risque psychosocial. Compte tenu de l’écho médiatique et de l’implication des pouvoirs publics, les DRH appréhendent le sujet et se sont progressivement professionnalisés. Il s’agit cependant d’une vigilance de chaque instant.

Comment ont-il réagi face aux injonctions des pouvoirs publics ?

Il ont été surpris de la manière dont les pouvoirs publics se sont emparés du sujet en leur demandant de résoudre le problème en 3 mois. Ils avaient jusqu’au 1er février 2010 pour négocier un accord dans les entreprises de plus de 1 000 salariés. Or, il faut analyser et identifier les problèmes et c’est impossible de le faire en si peu de temps sur un sujet aussi sérieux.

Que conseillez-vous à vos confrères pour prévenir les risques psychosociaux ?

Il faut s’attaquer aux causes réelles. Il faut se dégager des tâches quotidiennes et prendre du recul pour analyser l’évolution du travail dans l’entreprise. L’internationalisation des entreprises par exemple impacte sur l’organisation du travail et peut générer du stress. De même l’externalisation de certaines fonctions a des conséquences sur le management et la cohésion des équipes et peut également induire des bouleversements. Une fois les analyses effectuées, il faut mettre en place des plans d’action, notamment pour équilibrer la charge de travail en veillant à l’équilibre charges / ressources.

Propos recueillis par Christel Lambolez

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http://www.psya.fr/fileadmin/psya/documents/rencontres/Interview_Jean-Christophe_Sciberras_ANDRH.pdf

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