#Retraite : Équité intergénérationnelle : les systèmes de retraite susceptibles d’engendrer des problèmes

Rapport annuel sur les systèmes de retraite dans le monde.

  • La pérennité de certains systèmes actuels est menacée
  • Le Danemark conserve la tête du classement pour la sixième année consécutive
  • Lindice intègre désormais la Colombie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège
  • La France perd trois places dans le classement, occupant la 16ème place

Mercer, spécialiste du conseil et services en ressources humaines, protection sociale et avantages sociaux, dévoile les résultats de son dernier rapport sur les systèmes de retraite dans le monde. Cette neuvième édition de l’indice Mercer Melbourne des systèmes de retraite dans le monde (MMGPI)*, évalue désormais les dispositifs de 30 nations soit 60 % de la population mondiale, sur la base de 40 indicateurs afin de déterminer leur performance, leur durabilité et leur intégrité. Tandis que le Danemark conserve la tête du classement pour la sixième année consécutive, la France perd trois rangs, occupant la 16ème place. Référence importante pour les décideurs politiques du monde entier, le rapport appelle cette année les pays avec des systèmes de retraite non viables à prendre sans tarder les mesures nécessaires, avant que des réformes plus radicales ne s’imposent. En effet, ceux dont le système de retraite n’est pas financièrement viable à long terme devraient s’inspirer des pays leaders dans ce domaine, s’ils veulent éviter d’éventuels problèmes d’équité intergénérationnelle et d’insatisfaction des retraités.

Quelles sont les perspectives davenir ?

Jacques Goulet, Président des activités Health et Wealth de Mercer, souligne la nécessité de prendre en compte l’équilibre financier sur le long terme des réformes des systèmes de retraite. « Sur le long terme, l’allongement de lespérance de vie et le faible niveau des performances financières affectent la capacité de nombreux systèmes à offrir des prestations de vieillesse adéquates, que ce soit aujourd’hui ou dans les décennies à venir. En outre, du fait de ces pressions, les décisionnaires ont pris conscience de l’importance croissante des questions d’équité intergénérationnelle », indique-t-il.

Il ajoute : « Le Japon, lAustralie, lItalie et la France constituent des exemples éloquents d’économies développées dont les dispositifs ne pourront garantir les pensions des générations actuelles et futures. Ce constat tient à un ensemble de facteurs, tels que le manque de réserve d’actifs pour les années à venir, un faible taux d’activité des personnes âgées ou encore une forte évolution démographique responsable du vieillissement de la population. En labsence de réformes, ces systèmes engendreront des pressions sociales importantes du fait d’une inégalité des indemnités de retraites entre les générations ».

Auteur du rapport et Senior Partner chez Mercer, le docteur David Knox affirme quant à lui que tout n’est pas figé, et qu’il est encore temps pour les pays d’agir pour améliorer leurs dispositifs : « Lobjectif principal de lindice est de comparer le système des pensions de chaque pays afin didentifier les meilleures pratiques à adopter aujourdhui et dans les années à venir. Notre étude nous a permis de distinguer clairement les pays dotés des régimes de retraite les plus robustes et les plus à même dassurer des prestations décentes. Elle a également mis en évidence les dispositifs dont les autres pays pourraient s’inspirer pour s’améliorer. Comme le démontre lindice, le Danemark, les Pays-Bas et lAustralie sont les bons élèves et ont tous trois adopté une solide approche multi-piliers, bien qu’ayant adopté des solutions différentes et propres à leur situation initiale ».

En matière de viabilité des systèmes de retraite, tous les pays ne sont pas confrontés aux mêmes défis : chacun doit faire face à une situation différente et tenir compte de facteurs spécifiques. Toutefois, chaque pays peut prendre des mesures pour mettre en place un meilleur dispositif. Si, sur le long terme, le système de retraite parfait n’existe pas, les nations doivent néanmoins favoriser les conditions économiques et politiques qui permettront dopérer les changements qui s’imposent et d’adopter les meilleures pratiques mises en lumière par l’édition 2017 de l’étude MMGPI.

Dans la perspective d’améliorer le quotidien des individus, l’indice MMGPI publié cette année livre donc une analyse plus détaillée et approfondie des systèmes de retraite dans le monde. S’étendant aujourd’hui à la Colombie, à la Nouvelle-Zélande et à la Norvège, il évalue en effet  30 dispositifs sur la base de 40 indicateurs afin de déterminer leur pertinence, leur viabilité et leur intégrité. Cette approche met en évidence l’un des objectifs majeurs de l’indice : offrir une comparaison de différents systèmes à travers le monde à l’aide d’un certain nombre de paramètres s’appliquant à divers contextes et cultures.

Lindice  Melbourne Mercer des régimes de retraite en chiffres

Le Danemark conserve la première place du classement pour la sixième année consécutive avec une note globale de 78,9 devant les Pays-Bas et l’Australie qui obtiennent respectivement 78,8 et 77,1 points.

Si l’indice de la France progresse cette année (59,6 Vs 56,4 en 2016), du fait notamment d’un contexte économique jugé plus favorable, elle perd trois rangs, occupant la 16ème place du classement. Une position qu’il convient néanmoins de mettre en parallèle avec l’arrivée de trois nouveaux pays comme évoqué précédemment. La France obtient ainsi la note « C », comme en 2015 et en 2016 pour son système de retraite et d’épargne salariale. Une notation qui correspond à un index compris entre 50 et 60, soulignant quelques bonnes caractéristiques, mais également des risques, voir des lacunes majeures à traiter. Sans amélioration, l’efficacité et l’équilibre financier du système français pourraient en effet être remis en cause.

« Conscient du découvert à long terme des différents régimes, l’exécutif a annoncé plusieurs réformes pour équilibrer notre système de retraite. S’il continuait de fonctionner par répartition et, officiellement, ne remettait pas en cause l’âge légal du départ à la retraite, nous nous orientons néanmoins vers un régime dit universel, avec les mêmes règles applicables à tous. Si la volonté affichée est celle de réduire les disparités de traitement, il s’agit d’une réforme ambitieuse, dont l’application ne pourra pas aboutir durant le quinquennat de Monsieur Macron. Pour que notre système s’équilibre enfin, tout dépendra en fait des perspectives de productivité, de croissance et d’activité, qui actuellement engendrent une marge d’incertitude importante », commente Christel Bonnet, Consultante retraite au sein de Mercer France.

Nouveaux venus dans le classement MMGPI, la Norvège et la Nouvelle-Zélande ont obtenu un indice de valeur global de respectivement 74,7 et 67,4. D’après l’analyse, les deux pays disposent de structures solides présentant quelques bonnes pratiques, mais restant encore perfectibles. Avec un indice général de 61,7, la Colombie possède quant à elle un système performant bien que présentant des risques et faiblesses majeurs qui doivent être corrigés.

La note A absente de l’indice 2017

Afin de garantir la pertinence et la fiabilité de l’indice, deux nouveaux critères ont été ajoutés. Le premier concerne la croissance économique réelle dans le sous-indice de viabilité, et le second l’intégration des possibilités données aux individus de cotiser volontairement. Cette nouveauté est la raison pour laquelle aucun pays n’est parvenu à obtenir le « A » tant convoité.

 

 

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