Entreprises et candidats, pas toujours sur la même longueur d’ondes ?

Un entretien avec Dominique Drouet, président d’Action emploi Cesson (AEC). L’association accompagne les demandeurs individuellement et collectivement, et les met en relation avec les recruteurs.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les candidats pour s’insérer sur le marché du travail ?

La plupart du temps, les candidats ne se positionnent pas par rapport aux offres d’emploi. Nous leur expliquons qu’il faut être à l’écoute de l’entreprise, dans sa logique. Ils ont une lecture rapide des annonces et ne savent pas cerner les attentes du monde économique. Il faut dire qu’ils sont souvent en perte de confiance et qu’ils essaient par conséquent de donner le meilleur d’eux-mêmes. Leur premier réflexe est de livrer le maximum.

Nous apprenons donc aux demandeurs d’emploi à décrypter les offres et à se vendre en fonction des attentes. Nous les incitons à n’y répondre que s’ils satisfont 80 % des critères. Nous sommes partisans des candidatures spontanées à condition qu’elles soient bien préparées et qu’elles soient en adéquation avec les profils et les projets professionnels. Nous conseillons également aux personnes que nous accompagnons de faire attention aux mots-clés qu’ils inscrivent sur les sites emploi qui ne maîtrisent pas forcément leur gestion. Parfois on voit des aberrations dans la recherche de mots-clés dans les CVtèques. Nous les incitons donc à bien vérifier la réalité de leur tri.

Je déplore par ailleurs qu’il y ait beaucoup de personnes qui ont été formées à des métiers qui n’ont pas de débouchés actuellement sur le marché. Certaines formations ne sont que pure illusion. Parfois, certaines qualifications ne correspondent même pas à un métier. A Contrario, certains métiers manquent de personnes qualifiées. De nos jours on devrait mieux anticiper les besoins dans les organismes publics ou privés de formation.

Comment les entreprises reçoivent-elles les candidats ?

Elles possèdent une vision très stéréotypée de la rédaction des curriculum vitae. Elles peuvent tout simplement laisser de côté un CV qui n’aura pas été rédigé de façon codifiée et perdre ainsi des joyaux. Les CV sont souvent sélectionnés à partir de deux ou trois critères ou mots-clés. On voit bien que les entreprises ne les approfondissent pas. Je sais de quoi je parle. J’ai été également chef d’entreprise et ai embauché 50 à 60 personnes par an pendant des années, et je constate aujourd’hui le manque d’ouverture de certains employeurs.

Extrait de l’interview publiée au lien suivant : http://www.ouestfrance-emploi.com/recruteur-rh/info/Entreprises-et-candidats-pas-toujours-sur-la-meme-longueur-d-ondes

Une réponse à Entreprises et candidats, pas toujours sur la même longueur d’ondes ?

  • djamel.zitouni dit :

    « Bonjour, je me présente je suis Zitouni Djamel étudiant en Licence Professionnelle Gestion des Ressources Humaines à l’IUT de Paris XIII. J’effectue actuellement un stage au sein de la Direction des ventes d’Ile de France d’Adecco et je me permets de lâcher un commentaire sur cet article qui est vraiment très intéressant et qui énumère les difficultés liées actuellement au recrutement. J’occupe un poste d’assistant recrutement et je suis en charge de tout le processus de recrutement pour divers clients. Je souhaitais revenir sur différents aspects mentionné dans cet article. Tout d’abord le positionnement des candidats par rapport aux offres d’emploi. Durant mon expérience au sein d’Adecco, j’ai traité de nombreuses candidatures qui faisaient suite aux différentes annonces que j’avais posté. Il est vrai que de nombreux retour concernaient des candidatures qui n’avaient pas du tout le profil, mais qui postulait tant bien que mal. Cela s’explique par la réalité dans laquelle on se situe. En effet aujourd’hui accéder à un emploi relève du parcours du combattant, de telle sorte que pour éviter de connaitre une période de chômage et donc par conséquent d’inactivité, ces candidats prétendent à tout types de postes. C’est même l’une des réponses qui me revient le plus souvent, lorsque je leur demande quels sont les postes auxquels ils aspirent. Un certains nombre d’entre eux me répondent qu’il cherche un poste dans n’importe quel secteur d’activité, pensant que cela est une source de motivation favorable. L’une des solutions que je préconise et qui existe déjà est la formation. Je pense qu’il serait vraiment intéressant et pour le candidat à un poste et pour l’entreprise de réfléchir à une éventuelle période de formation qui puisse permettre au candidat qui ne correspond pas au profil de pouvoir prétendre toutefois à un poste qui demande un profil et des compétences qu’ils ne dispose pas . L’un de notre client lorsqu’il nous soumet un besoin en recrutement est favorable à ce système. Il se dit prêt à embaucher des personnes qui ne disposent pas des compétences requises et les dispensent à leur intégration d’une formation.
    Concernant les métiers qui n’ont pas de débouchés, il est vrai qu’il y a un réel problème à ce niveau la. J’ai été en charge d’un certains nombre de recrutement ou personne ne postulait ou ne correspondait au profil. Ce recrutement s’effectue depuis septembre et à ce jour le poste n’a pas été pourvu. Il faut dès le collège, période où commence à se dessiner l’orientation offrir aux élèves l’opportunité de découvrir de nombreux métiers via des visites en entreprise, l’intervention de professionnel dans les différents établissements et permettre aux élèves de disposer d’une orientation en adéquation avec leur résultat, leur profil. Aujourd’hui c’est vraiment un problème certains élèves poursuivent leur études jusqu’au bac sans l’obtenir et sorte du système scolaire sans compétences. De plus pour tous ceux qui recherche du travail, il faudrait via des organismes spéciaux permettre aux demandeurs d’emploi d’avoir une vue d’ensemble sur large palette de métiers et les aidés à participer à des formations. Les entreprises de type industriel qui disposent de métier en pénurie de maint d’œuvre doivent via une étude ergonomique revoir leur conditions de travail (horaire, plan de travail, outils …) qui sont source le plus souvent d’un rejet des demandeurs d’emploi.
    Enfin concernant le manque d’ouverture de certains employeurs, c’est vrai que le traitement des candidatures demande une certaine organisation en interne, et que certaines entreprises manquent cruellement de temps et de personnel. Mais à côté de cela, il y a des entreprises pour lesquels j’effectue le recrutement qui approfondissent énormément les CV, du coup pour un simple recrutement en CDD d’1 mois par exemple le candidat suit un processus de recrutement très long (en tout et pour tout 6 entretiens) qui peut s’étendre sur une période de 2, 3 mois entre le premier et le dernier entretien. Il faut trouver le juste milieu pour que tout le monde soit satisfait, car dans les deux cas l’entreprise peut perdre des joyaux.
    Cordialement

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