Motiver les salariés

Séduire, motiver, fidéliser, le sésame du succès des entreprises, surtout en période de crise où il ne vaut mieux pas laisser filer les talents entre ses doigts.

Le télétravail chez PepsiCo France

Un entretien avec la directrice des ressources humaines Delphine Dupuis.

Lauréate du prix Great Place To Work 2011, PepsiCo France favorise le bien-être de ses collaborateurs en leur permettant de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Aujourd’hui 20% des collaborateurs exercent leur activité un jour par semaine à domicile sans pour autant impacter l’organisation du travail en interne.

Pourquoi avoir décidé de développer le télétravail ?

Le télétravail s’est développé à la demande de nos salariés du siège lors de nos réunions trimestrielles. Leurs motivations étaient de diminuer leur temps de transport hebdomadaire et de pouvoir mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée. Nous avons fortement encouragé le télétravail, qui, pour nous, est un levier de motivation. Nous le formalisons par un avenant au contrat de travail. Depuis le mois de juillet 2010, 20% de nos collaborateurs travaillent à domicile un jour par semaine. La réussite du travail à distance dépend de la qualité de la relation managériale. Il est nécessaire d’établir une relation de confiance entre les collaborateurs et leur supérieur hiérarchique pour laisser de la flexibilité et de l’autonomie dans l’organisation du travail. Les personnes responsabilisées dans la confiance sont générale- ment très investies dans leur mission. Elles sont reconnaissantes qu’on prenne en considération leurs difficultés quotidiennes de gestion du temps ou de fatigue.

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Un pacte social autour de l’éthique ?

Les entreprises n’arrivent plus à renouer des relations saines et pérennes avec leurs salariés. L’ultralibéralisme a généré trop de tensions et leur désengagement progressif. Selon Emmanuel Toniutti, tout n’est pas perdu. Réflexions autour de son ouvrage : « L’urgence éthique, une autre vision pour le monde des affaires ».

Encore un ouvrage marketing sur la responsabilité sociale de l’entreprise et son éthique ? Professeur et docteur en théologie et philosophie de l’université de Laval de Québec, Emmanuel Toniutti plonge en plein dans les débats actuels en ouvrant le dialogue sur le monde de l’entreprise avec Alain Mainguy, directeur du Centre de perfectionnement des affaires, dans son livre « L’urgence éthique, une autre vision du monde des affaires ». Il y renoue avec les fondamentaux de l’humanisme et du libéralisme à travers une approche pragmatique basée sur des cas concrets d’entreprise. Selon le professeur, les grands principes du libéralisme ont été pervertis et il est temps que « le comportement des leaders devienne vertueux ». Il développe dans son livre : « L’ultralibéralisme a conduit à la maximisation des profits à court terme au détriment des autres parties prenantes de l’entreprise (employés, clients, fournisseurs,). Or, à l’origine le capitalisme consistait à servir le capital en lui offrant un retour sur investissement de départ » (…) « le libéralisme, c’était laisser l’être humain et le marché aller à leur guise mais en intervenant quand il existait une rupture potentielle d’équilibre social » (…) « Il y a donc aujourd’hui une urgence éthique à développer de nouveaux business model qui retrouvent le sens des origines du capitalisme et du libéralisme. »

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Entreprise services compris

Un phalanstère moderne.

Certaines grandes entreprises cherchent à améliorer leur attractivité en concevant des immeubles tertiaires qui proposent, outre des espaces de travail de qualité, de nombreux services annexes. Les collaborateurs n’ont plus besoin de mettre le nez dehors pour aller chercher la baguette pour le dîner, renouveler leur carte d’identité, ou faire réparer leur voiture. Réflexions sur cette évolution.

À gauche une banque, plus loin dans le couloir un service de maintenance de voitures, un guichet dédié à l’accompagnement des démarches administratives de toutes sortes. À droite un coiffeur, pour messieurs et dames, ou encore un espace beauté. À d’autres étages de l’immeuble, une boulangerie, des cafeterias, un service de restauration rapide, une salle de sport. Les couloirs, spacieux, facilitent la circulation. Le visiteur peut être surpris. Serait-ce un immeuble du Corbusier ? Mais où dorment les gens ? En fait, ils n’y dorment pas, ils y travaillent. Il s’agit du nouvel immeuble de Bouygues Telecom, à Issy-les-Moulineaux. Ces services sont proposés aux salariés pendant les heures de pause, entre midi et deux heures et en fin d’après-midi, parfois tôt le matin. Avec 5 500 collaborateurs répartis sur une dizaine de sites, le groupe souhaitait les rassembler. Deux immeubles, ont été donc conçus (entre autres) pour les séduire et les satisfaire. Qui aurait cru que l’on puisse un jour acheter dans son entreprise des bonbons, des bijoux, des parfums, des fleurs, des habits…? On peut même consulter la liste des biens et services proposés sur l’Intranet maison.

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Les Français ne sont plus heureux au travail !

Une motivation qui diminue pour 40 % des salariés du privé et des agents de la fonction publique. Manque de reconnaissance, rémunération faible, relations sociales détériorées, charge de travail importante représentent les principaux mécontentements. Un terrain fertile à la montée des risques psychosociaux.

La sonnette d’alarme est tirée depuis longtemps. La lassitude a débuté avant la crise. L’année 2010 était un test. L’après crise souligne la rupture. Le baromètre Edenred Ipsos, présenté lors de la 21e édition du congrès HR, sur la motivation et le bien-être des salariés français en 2011, montre une démotivation généralisée. Collaborateurs et managers sont las. 4 000 salariés ont été interrogés du 21 janvier au 11 février 2001.

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Baromètre VPHR : la perception de la reconnaissance au travail en France et outre-Atlantique

Lors du Congrès RH, qui s’est déroulé au mois de septembre à Montréal, le cabinet VPHR a présenté une étude sur les perceptions générales et les obstacles en matière de reconnaissance au travail. Les Français se sentent moins bien reconnus que leurs homologues d’Amérique du Nord et du Québec.

 

Pour Christophe Laval, président du cabinet VPRH, la reconnaissance au travail constitue « un enjeu majeur du mieux-être des employés et de la performance durable de l’entreprise ». Il a donc essayé d’analyser les différentes attentes et comportements à travers différents pays. 700 personnes ont participé aux enquêtes, menées en ligne en Amérique du Nord et en France, d’avril à juin 2010, et 445 réponses étaient exploitables. Les répondants sont essentiellement des professionnels RH (78%) et des directeurs généraux (8%).

Les réponses aux 36 questions posées montrent que le manque de reconnaissance au travail est le premier facteur identifié par les Français entre 2005 et 2010. Au Québec, 63% des répondants possèdent des stratégies de reconnaissance au travail mais la moitié ne se sent pas reconnue. Aux États-Unis, 90% des répondants ont des politiques de reconnaissance mais 60% ne voient pas leur mise en œuvre.

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